jeudi 7 mai 2009

REGRET


Il y a des photos à côté desquelles on passe par erreur, par ce que l'on n'a pas su regarder au bon moment, dans la bonne direction. Celle qui aurait dû remplacer celle-ci, en fait partie.

Ile St Honnorat, au large de Cannes, vendredi 1er mai 2009, aux alentours de 19h30.
L'île s'est vidée de ses touristes, de ses badauds débarqués et rembarqués plus tard par des "boat-people". Les quelques personnes que l'on croise encore, sont ceux qui, comme nous, y sont arrivés par leurs propres moyens.
Il y règne un calme incroyable, presque religieux. De temps en temps, quelques cris de faisans, ou de goélands viennent déchirer ce silence. En face de nous, entre les arbres, on peut apercevoir le haut de l'abbaye, son clocher. Entre elle et nous s'étendent des vignes bien alignées sur lesquelles une douce lumière rasante, (une des plus belles de la journée) s'est posée ajoutant encore à la solennité du lieux.
Après une courte marche nos arrivons devant cet endroit qui à cette heure est magnifié. Les couleurs sont chaudes, l'air encore doux, il y flotte comme une ambiance propre au recueillement!.
Je suis subjuguée par cet endroit si apaisant, je ressens une sensation de bien être incroyable. Nous continuons d'avancer, un peu séparément. J'ai besoin de me sentir seule pour bien m'imprégner. Je traîne alors que ma fille et mon mari cheminent tranquillement devant moi, se dirigeant de l'autre côté de l'île, vers la mer. Après quelques minutes je les rejoins enfin. Epoustouflant! devant nous sur une petite langue de terre, entre l'île et la mer, se dresse comme une forteresse carrée, de pierre beige. Une partie, celle exposée à la mer, est en ruine. Les couleurs sont d'une incroyable profondeur, tout se détache à merveille sur ce ciel bleu profond, Les teintes chaudes encore et toujours, le vert, le jaune, le bleu.... j'en ai le souffle coupé, au bord des larmes tellement c'est beau à ce moment là. Le ressac des vagues et le cri des goélands ajoutent quelque chose en plus à ce spectacle. Une femme est assise le long du muret qui borde la minuscule plage d'algues séchées. Elle lit, tranquillement. Lorsque l'on passe au dessus d'elle, nous la saluons. Elle nous rend notre sourire et se lève, son livre se ferme et doucement, elle prend le chemin du retour, vers l'abbaye. "elle devais être bien ici pour lire" dis-je à mon mari. Et c'est là qu'il me dit "Tu l'as vu celle assise sous les arcades de l'Abbaye, avec son chapeau colonial, ses sandales et son livre sur les genoux? Elle avait l'air bien aussi, on aurait presque dit une apparition divine, il y avait juste un rayon de soleil sur elle; tu l'as vu n'est-ce pas?" devant ma mine déconfite il a bien compris que non!
"Mince, je voulais la prendre en photo mais je me suis dis que tu la verrais et qu'avec ton appareil tu ferrais bien mieux que moi!".
Et non! je ne l'avais pas vu cette apparition, cette dame de lumière!
J'ai voulu rebrousser chemin, mais la dame avait disparue il ne restait sur ce banc, que cette traînée de lumière à laquelle elle avait du vouloir se chauffer pour lire quelques lignes, quelques pages...
Je suis restée à contempler ce que j'avais loupé. J'ai donc pris quand même cette photo et lorsque je l'ai enfin chargée sur mon ordinateur, en la regardant j'ai retrouvé cette ambiance si particulière de recueillement, d'apaisement, de bien être qui y régnait au moment où la photo a été prise et certainement durant le temps que cette dame a passé à lire à l'abri du bruit de la ville.

6 commentaires:

Françoise a dit…

Ton histoire est très jolie, Barbara. Mais tu n'as pas tout perdu, car tu as réalisé une photo très belle, où l'imaginaire a sa place...

Belle journée à toi, et gros bisous !

noelle a dit…

Essai!!

Très belle photo Barbara

A lundi avec "escaliers" c'est bien le mot?

Bonne journée

bisous

Noelle

barbara a dit…

Si cette photo a touché ton imaginaire Françoise, c'est qu'elle atteint son but, c'est qu'elle est réussi malgré l'absence...
Merci Noelle d'avoir été persévérante! A lundi alors, en haut de l'escalier!

Claudio a dit…

En effet, on voit un banc vide. Puis.. après avoir lu le texte, on remonte et on voit une dame assise, un livre à la main. La photo est donc réussie.

gazelle a dit…

Mais oui, cette ombre légère sur le mur au-dessus du banc...

Très beau ton texte lumineux : j'entends le cri des goélands, je vois cette paix du couchant...

Bon séjour italien : les Cinque Terre, on m'a raconté, tu vas te régaler.

le bonheur est dans le pré a dit…

mon blog: http://nono.hautetfort.com/

belles journées en Italie

Bisous