mardi 1 septembre 2009

BOUBOUS


13H, nous sommes au niveau de Gênes que nous traversons doucement.
Le ciel est hésitant entre gris plombé et bleu clair. J'ai enfin attaqué mon livre de Willy Ronis, "Ce jour là". Je n'en suis qu'à ma troisième photo, mais je suis déjà conquise.
J'ai l'impression de me lire, de lire ce que je ressens parfois au moment de prendre "La" photo. Je ne dis pas "une", mais La photo, celle qui est venue vous chercher brutalement. C'est un peu ce qui s'est passé à ce moment là.

"J'ai vu maman en face de moi se pencher, elle m'a souri : "on dirait toute une colonie".
Effectivement, une belle ribambelle de Mamadous colorées. Avec leurs robes, des boubous africains, et par leur seule présence, elles animent le couloir.
Je ne sait pas si c'est le livre mais en me penchant, je me suis dis que je ne pouvais pas la laisser passer.
Je me lève et allume mon appareil. Mais j'ai peur que la photo soit mal interprétée.
Je les trouve belles, tellement lumineuses.
Tant pis, je vais oser. Il faut faire vite, une seule prise. Je vise, je déclenche. je l'ai.
Lorsque je baisse l'appareil, je me retrouve les yeux dans les yeux avec une des femmes. Pas l'air commode....
Dans un mauvais italien, j'ose un petit "Trovo che questa linea é bella".
Ou elle ne m'a pas comprise ou elle a désapprouvé.
Mais je l'ai, je l'ai ma photo."

1 commentaire:

Godnat a dit…

Et elle est magnifique, tu as bien eu raison !