jeudi 8 octobre 2009

RE-LA-TI-VI-SER

Vous vous attendez ce matin à voir une photo. Vous la verrez peut être plus tard, peut être....
Aujourd'hui, c'est de parler que j'ai besoin, parce que chez moi, parler c'est exorciser.
Hier journée de m.....
Pourtant tout avait bien commencé, il faisait beau, bon. Arrivée au boulot comme d'hab à 8h30. Mon petit tour des blogs. J'ai attaqué mon travail. Oh, pas grand chose, mais de quoi alimenter une partie de ma matinée.
Oui, depuis quelques temps, pour être précis, depuis le retour des vacances, la charge de travail a été divisié par.... beaucoup.
Nous sommes deux infographiste dans cette petite imprimerie familiale. 4 en tout si on compte le bos et sa femme.
Ma collègue absente pour 10 jours m'a laissé du travail, mais il ne suffit pas à alimenter mes longues journées.
Je passe des heures à regarder mon écran, dans le vide.
Ma boss, elle, une femme adorable, une seconde mère pour nous, arrive vers 9h30. Nous parlons comme avec une amie. Se racontant nos petits tracas, rires et autres quotidienneries.
Ca faisait 2 jours que je la trouvais .... morne, un peu distante. Une sonnette d'alarme a pourtant sonné dans le lointain, un bruit que je connaissais trop bien, mais je ne l'ai pas entendu.... pas pris au serieux.
Hier plus encore, elle avait son visage triste. "Ca fait 42 ans que mes parents sont morts aujourd'hui".... C'était donc ça.
Le boss a téléphoné vers 11h. Elle avait l'air inquiete "Bon, tu arrives maintenant, après ce sera tard, et puis je dois aller à la banque".
Elle est partie, 10 mn plus tard, il franchissait le seuil de l'imprimerie. Le visage fermé. Je lui ai lancé un bonjour, "J'arrive m'a t'il répondu" en allant poser ses affaires à son bureau. Venu me saluer, me serrer la main, et est reparti à son bureau, ouvrir son journal.
"Barbara, tu peux venir" a raisonné dans ce local, une drôle d'impression, la sonnette d'alarme qui sonne et cette fois, je l'attends, et là, j'attends devant son bureau et je sais. Sa gueule renfrognée, et sa feuille à l'entête de la société à la main "Voilà, alors, je suis désolé, je ne peux vraiment pas faire autrement, tu vas recevoir ce recommandé".
Il me tend le bout de papier et j'ai la gorge qui se serre. "Suite à la baisse de la charge de travail, mes horraires vont être largement diminués, 12h par semaines, 52h par mois".
Une douche froide. Je sens les larmes qui me montent... En guise de réponse, je lui balance froidement "Ca me rappelle quelques 6 ans en arrière".
Il y a 6 ans, j'ai travaillé 1 an avec eux et puis un jour, il m'a convoqué pour me faire part de sa décision de se séparer de moi. A l'époque, c'était un licenciement complet. Nous étions 2 de plus. A ma suite les deux ont suivis. Mais il m'avait promis que si la structure remontait, il me rappellerait... et c'est bien ce qu'il a fait. M'a débauché en 2007 pour que je revienne travailler avec eux.
J'étais heureuse dans cette petite boite. Un côté pratique incroyable, pas de transport, 10 mn à pieds de chez moi, je rentre manger tous les midis et à 5h, j'ai fini. Le paradis pour moi.
"Je ne peux pas faire autrement" m'a t'il répondu en baissant la tête.
Mais j'avais la colère et envie d'exploser et de lui balancer ses 4 vérités. Elles se sont bousculées à mes lèvres "Au lieu de passer ta nuit sur le net à jouer au poker, à arriver à 12h voir 14h, à regarder ton journal pendant 1h en arrivant, tu ferais mieux de bouger ton cul pour démarcher de nouveaux clients, faire les devis en temps voulu. Mais tu préfères regarder couler ta boite et te dire, je n'y peux rien".
J'aurais tout cassé.
Ravalé mes larmes.. pas pour longtemps.
A 12h30, j'ai quitté le bureau, sans un mot.
Je me susi sentie anéantie, abandonnée, trahie, vide.....
"Mais tu sais, il va faloir que tu te diriges vers le Pole emploi.. ils vont compléter ton salaire"
Mais qu'est ce que tu connais toi, du pôle emploie, tu n'as jamais pointé, tu ne sais même pas où c'est!
Je n'avais pas mon téléphone et en partant, je susi passé chez mes parents. Mon père m'a ouvert la porte. Il a vu ce papier dans mes mains et l'espace d'un moment, il a pensé ç des analyses médicales, un soucis.... je suis tombée dans ses bras, en larmes et j'ai tendu la lettre à ma mère.
"C'est pas grave, m'a t-elle dit, c'est pas mortel, il te reste 12h, et puis vous n'êtes pas à la rue du tout, vus avez de quoi voir venir.... Allez arrête de pleurer".
Je les ai senti malheureux, mais quelque part, rassurés. Et moi, une toute petite fille venue chercher le réconfort dans les bras de ses parents.
Je suis rentrée à la maison, mon mari m'a ouvert la porte. Il avait une drôle d'expression et moi aussi. Il a tenté un "Ca va?". Au timbre de sa voix, j'ai su qu'il savait.
"Tu es au courant?" lui ai-je demandé avec des sanglots dans la voix.
"Ben je me doute" m'a-t-il répondu en me montrant le recommandé posé sur le bar. "Toute la matinée j'ai eu les boules pour toi. Le recommandé est arrivé juste avant que je parte. J'ai vu l'entête et je m'en suis douté. Et tu avais laissé ton téléphone ici...."
J'ai fondu en larme une fois de plus. A ce stade, je ressemblais à un Gobi! Les yeux et la bouche gonflés. Le nez rouge.
Il m'a pris contre lui en me berçant doucement. "C'est pas grave, pas grave du tout, tu as l'habitude"...
Oui, j'ai l'habitude et c'est bien ça le problème. J'ai enchaîné licenciement éco sur licenciement éco, liquidation judiciaire......
Marre de ne pas me stabiliser professionnellement!

Maintenant il me reste 12h me direz vous, et puis mon salaire va être complété. Mais je ne sais pas encore de quelle façon, à quelle condition, combien de temps. J'ai 1 mois pour accepter cette proposition ou si je la refuse, je serai licenciée.
Il ne me reste plus qu'à m'intéresser à tout ça pour voir quels sont mes intérêts là dedans.

J'ai pleuré toute la soirée : que vais-je faire de mes journées. Travailler, pour moi, c'est me sentir utile avant tout, être reconnue pour quelque chose, sans travail, j'ai peur de sombrer.
Je sais ce que c'est, trop souvent connu.
Je suis comme ça, besoin de mouvement, toujours, j'arrête de bouger, je tombe.
J'ai fini par sombrer dans le sommeil, épuisée.

Ce matin, au réveil mes pensées sont allées vers Gazelle.
Et j'ai eu honte, honte de me mettre dans un tel état. Je vais bien, j'ai la santé. Les gens que j'aime et qui me sont chers aussi.

Peut être un nouveau tournant, trouver une autre orientation. Je suis vieille pour ce métier. Je sais, c'est con à dire, mais les petits jeunots qui arrivent sur le marché du travail sont bien meilleurs que moi, connaissent mieux les logiciels, plus d'imagination

Que vais-je bien pouvoir faire?

21 commentaires:

Marie a dit…

C'est naturel de te sentir trahie, surtout si tu as quitté une entreprise pour revenir là...

En même temps, ce qui ressort de ton texte, c'est beaucoup d'amour autour de toi. Tes parents, ton mari, et ta fille, aussi... De quoi puiser des tonnes d'énergie !

Peut-être faut-il que tu contactes rapidement le Pôle Emploi pour connaître tes droits. Mais oui, tu auras très certainement un complément. C'est le cas en-dessous de 26h/semaine.

Les jeunes qui arrivent sont peut-être plus créatifs parce qu'ils ramènent des idées et sont encore dans le dynamisme de la formation. Mais je pense que chaque âge a sa place car à côté de ça, avec ton âge (canonique !!!), tu as peut-être aussi plus de facultés pour gérer des problèmes, plus d'assurance aussi...

Et si c'était le moment de faire un bilan de compétences ou quelque chose comme ça ? Evidemment, c'est un peu trop à chaud pour virer à 180° mais pourquoi pas te poser la question ? Après tout, si tu as besoin de bosser et de bouger, c'est peut-être l'occasion de faire le point... tu es encore jeune !!!

Je t'envoie de grosses bises !

barbara a dit…

Merci Marie,
le couperet est tombé, pas de compensation.
Licenciement donc!
Merci pour tes gentils mots.

Claudio a dit…

Depuis quand on s'écroule quand on a de bonnes nouvelles , ;-)
Bon. Un peu de temps, un peu de course à pied et ON EN REPARLERA.
N'oublie pas que chaque perte couve un "cadeau caché". Patience.

Un petit 12,6 kms à Gairaut Dimanche avec 2 belles côtes dignes de celle du cimetière, ça te dit ??

barbara a dit…

Claudio, y'a bien que toi qui soit capable ce genre de commentaire...
Et je savais à vrai dire que tu allais me dire ça!
Pour ce qui est du cadeau....ma mère m'a dit la même chose!
Je l'attends...

Hélianthine a dit…

Tout à fait d'accord avec Claudio, parfois un pire peut cacher une chance de repartir sur un nouveau projet découvrir de belles opportunités!
Que vas-tu faire? Eh bien par exemple...Grignoter en lisant ton livre préféré, t'acheter des fringues, cuisiner de bons petits plats, faire des siestes...Pensées amicales de bloggueuse, en tout cas!

Godnat a dit…

Voilà le pourquoi de ton allusion au temps que tu allais avoir en plus, dans les commentaires du précédent billet. Je me demandais aussi.

Ça fait toujours du bien de parler, et de relativiser (c'est une de mes spécialités qui plaisait beaucoup à mes collègues plus jeunes). Tant que tous ceux qu'on aime vont bien et qu'on n'est pas à la rue, tout va bien. Mais bon, ça n'empêche pas les déceptions et la trouille de ce qui va suivre, c'est normal. Et il y a des avantages qui sont durs à lâcher comme la proximité du lieu de travail.
Je te souhaite d'avoir de la chance et de bonnes opportunités pour la suite.

suzanne a dit…

Le temps... toujours le temps...
Avec du recul, ce sera l'occasion de [re]démarrer des projets plus motivants encore, de te consacrer à une de tes passions qui est sans doute la photo :-)

Françoise a dit…

Je viens de te lire, Barbara. Je suis désolée pour toi, et je comprends que ce temps "libre" te fasse peur. Mais pourquoi n'en profiterais-tu pas pour te perfectionner dans une activité qui te tient à coeur, et dans laquelle tu n'avais pas le temps de te consacrer. C'est peut-être le moment ou jamais.
Mais je comprends, tu sais, je comprends bien ton désarroi...
Bon courage à toi, ma belle. Je t'embrasse très fort.

LP a dit…

Bon, je suis obligé de reconnaître que (sur ce coup) c'est Claudio qui a raison. La "preuve par toi " qui écrit que tu regardais l'écran...Pas très motivant ce "pseudo job"!.
Dans l'immédiat, Gairault me paraît une bonne idée. (Encore Claudio!!!)
Dites moi les enfants, Gairault c'est pas le dénommé "canal"?
Si oui, je connais, une vieille histoire de quand je courais!
Allez bises Barbara.

barbara a dit…

Vas-y LP sur ton histoire, je la sens rigolote!
Pour ce qui est de Gairault, vous êtes bien gentils mais non merci, laissez moi trottiner tranquille!
Déjà, pour ce soir, j'hésite mon petit jog habituel du jeudi sur la Prom' ou ballade, toujours sur la Prom' appareil en bandoulière!
Je crois que courir, ce sera pour demain!
Vous en avez d'autres d'idée géniales.....? Comme vous!

LP a dit…

Oui, tu peux commencer à préparer Menton 2010!

LP a dit…

D'autres idées Oui! Tu peux commencer à te préparer pour Menton 2010.
Extrait du site:
"Pour exposer lors du festival PHOTOMENTON 2010, venez visiter
le Festival 2009 les 7 et 9 novembre prochains au Palais de l'Europe,
des bulletins de pré-inscription seront disponibles."

barbara a dit…

Ah!!!!! Mon cher LP, très bonne idée.. j'en prends note Sauf qu'il faudra que tu prennes les bulletins d'inscription pour moi! Je ne serai pas là ni le 7, ni le 9!

Claudio a dit…

Et le 8 non plus... puisque tu viendras applaudir les marathoniens du Nice-Cannes ;-)))

LP a dit…

Voilà ce que c'est que de copié/collé!
Je rectifie: samedi 7 et dimanche 8novembre 2009 au Palais de l'Europe à Menton. Qu'on se le dise.
PS: OK, je te prends les bulletins.

Didier a dit…

Après avoir lu, je me suis dit, bon, je prends ma fusée et je vais lui péter la gueule, à ce goret.
Qu'est-ce que c'est que ces conneries ? !!!
Après je me suis souvenu.
Que j'avais pas de fusée, que j'étais pas un violent, et que c'était pas bien de traiter les gens qu'on ne connaît pas.
Je me suis dit du coup que tu faisais bien de raconter tout ça.
Et que oui, parfois, facile à dire je le concède, une mauvaise nouvelle peut en cacher une bonne.
Même s'il est encore un peu tôt.
Claudio et LP ont bien parlé, je trouve ; du maintenant, de la perspective. Voilà !
Ce que tu décris de ton taf, quand on le compare à la générosité que tu exprimes et à l'envie que tu manifestes, c'est du gâchis, et visiblement, le "patron" a choisi. Une "vielle" salariée, ça coûte plus cher que des "jeunes"...
Alors oui, courir, respirer, manger, vivre. Réfléchir. Bilan de compétencer. Pourquoi pas freelancer. Autroentreprendre.
Et puis tiens. Se dire, même pas le faire, le mois qui reste. Allez hop. Arrêt maladie. Mauvais traitement moral. Pas culmpabiliser, surtout. Pas se venger. Mais pas tout porter. C'est des gens qui t'ont embauchée, virée, embauchée, si j'ai bien compris. Avec de l'affectif d'un côté et le recommandé de l'autre.
Du ghinzu à fond, vite !
Et bises, plein de bises. Surtout.

noelle a dit…

Ce sera Menton 2010?

Courage Barbara! tu as plein d'amour autour de toi! et tu cours , tu marches, tu fais de belles photos et on aime te lire!

Des bises

mcbarbara a dit…

ça va aller...
Quand même, dis-lui ce que tu penses de sa gestion d'entreprise à ton boss! enfin c'est ce que je ferai : je ne garde jamais un truc sur l'estomac!
Une chance pour toi certainement : rebondir! C'est toujours possible...

barbara a dit…

Tout est question de digestion.....je commence a l'assimiler et de toutes façons je ne sais pas encore ce que je vais faire, mes droits.... Au Pole emploi, ils sont ...... Incompétents et contradictoires!

Merci les amis!

Sar@h a dit…

Bon alors, je prête mon proverbe qui m'accompagne depuis … le lycée "À quelque chose malheur est bon." Il ne faudra pas oublier de me le rendre car je pense en avoir besoin cette année.

Qu'écrire ?
Oui, bien sûr ça pourrait être pire … Peut-être. Je crois plutôt qu'il faut accepter que nous sommes dans une société qui évolue, ou les valeurs changent.

Pour s'occuper, il n'y a pas que le professionnel … sous réserve de ne pas avoir la nécessité de subvenir à ses besoins.
Et puis, pour atteindre le niveau des petits jeunes, il y a les stages, et après une énorme avantage : les quadras font rarement des bébés, elles gèrent beaucoup mieux … et comment dire, elles sont encore bosseuses !
J'ai une jeune collègue, pas 30 ans sans enfant, qui parle déjà d'évoluer, qui ne veut pas rester sur le terrain, c'est trop dur, ce n'est pas un cas isolé !

Ce n'est pas un hasard, si, dans cette société mouchoir à jeter, on oblige les vieux à travailler plus longtemps !

Période de bilans, je n'ai guère eu le temps de passer lire les uns, les autres. Je découvre donc cette note.
Un seul vœu, sois sereine.

framboisine a dit…

je ne peux rien
si ce n'est d'envoyer des brassées de moral, pour lutter contre l'absurde, pire que pire
tu es jeune, tu as des atouts de taille professionnels, et des passions,
COURS vers la VIE , toujours

je t'embrasse