vendredi 19 février 2010

LES MARIONNETTES DE STEPHANE






Venu en Métropole pour une tournée d'une mois, Stéphane transportait ses marionnettes avec lui, dans son camion.
De passage à Grenoble, il a fait un détour pour quelques jours dans les Alpes du Sud, pour retrouver ses amis d'enfances, tous Normands comme lui, mais venus chercher le soleil dans le sud.
Je ne l'avais pas revu depuis.... 1994! J'étais restée sur un grand gaillard, jovial, un peu fou, un peu "décalé", les dread locks au moins aussi embrouillées que ceux de son chien Cachou, vivant dans une case en tôle (où les araignée avaient un prénom, les bourdons, droit de loger dans les volets de cette étrange "maison", et les fourmis étaient devenues les habitantes privilégiées d'une grosse bobine à cable transformée en table, sous la varangue) à Piton St Leu à La Réunion (nous y avions passé 15 jours). Il nous faisait des Carry, des Rougails et des Boucanet exceptionnels. En remerciement, j'avais préparé de petits farcis niçois pour une tripotée d'amis rassemblés pour son anniversaire. Fameux souvenir!,

Ce week end, j'a retrouvé ce même bonhomme, à la veille de la quarantaine, un peu plus costaud, le cheveux un peu plus net mais toujours cet esprit un brin anar, cette gentillesse, qui faisait déjà son charme lorsqu'il était ado, à l'époque où mon chéri l'a connu.
Le gars sans le sous, mais le coeur sur la main, chez qui après des bringues mémorables, les copains dormaient, mais où, en plein hiver, il fallait régulièrement briser la glace du bocal à poissons rouge.

Partis à 17 ans, avec mon homme à Londres, lui par bateau, mon chéri par avion, histoire de voir si ils pouvaient trouver de quoi bosser, gagner quelques sous et apprendre la langue, ils se sont retrouvés ce premier jour dans une drôle de galère, de celles qui scelle une amitié..
Stéphane s'est arrêté dans une cabine pour téléphoner à ses parents, leur dire que le voyage s'était bien passé, il y a oublié sa "Banane" avec tous ses papiers et ses économies. Papiers retrouvés évidement, mais pas les sous.
Retrouvaille des deux gars au centre de Londres. Tandis que Stéphane raconte, penaud sa bêtise, il s'étonne soudain que son pote (mon chéri), soit venu sans valise.... Ben zut alors, il venait de l'oublier dans le métro.
Les voilà tous les deux beaux! A vivre sur une maigre économie avec les fringues d'un seul. Ils ont pourtant tenu un peu, vivoté, galéré puis retourné en Normandie! Les voyages forment la jeunesse! Les galères renforcent les liens!

Aujourd'hui, lorsque Stéphane nous parle de son métier, ses yeux pétillent, et les nôtres, du coup aussi. je suis redevenue une petite fille.
Il nous fait rêver, vivre ses spectacles.
Il nous a présenté ses "muppets" comme il dit, les faisant toutes évoluer les unes après les autres..
Moi qui ne suis pas spécialement passionnée par ce genre de choses, j'ai découvert ce week end une autre image de ce métier que l'on pense tourné vers les enfants.
Alors évidement, les enfants font partie de leur public, mais leurs spéctacles sont tournés également vers les adultes.
Les thèmes sont graves, serieux, d'actualité mais présentés de façon humoristique, ludique, amusante.

J'ai aimé le côté "technique". La fabrication de chacune, le moulage, le visage en latex, le maquillage, le corps, les vêtements, les accessoires, les décors, les voix, les expressions, les chansons.
Lorsqu'il a commencé à déballer les personnages j'ai pris mon appareil avec la ferme intention de vous les présenter.

N'hésitez pas à aller consulter le lien. Vous y découvrirez un monde assez incroyable.
Dans leur programmation, Paris Lavillette en Mai et bien sure, Avignon et son Festival en Juillet.
Si vous êtes dans le coin, je vous conseille d'aller les voir, ils en valent vraiment la peine!

http://www.theatredesalberts.com/

3 commentaires:

helenablue a dit…

Quelle belle histoire, quel beau coup de coeur, un rai cadeau pour moi aujourd'hui, merci Barbara!

Didier a dit…

Super !
Magnifique phrase que ces économies de l'un et ces fringues de l'autre. Marrant d'ailleurs ce parallèle dans la narration entre les marionnettes d'aujourd'hui et les deux clanpins à Londres.
Les fils des destins :-)
De quoi inventer des (belles) histoires !

yves a dit…

Superbes marionnettes et superbe histoire; ah, les souvenirs; il n'en reste que du bon.(enfin, pas tout le temps)