vendredi 4 février 2011

MON PÈRE CE HÉROS

Mon père n'est pas un héros, bien loin de lui cette étiquette, mais pourtant, pour sa fille que je suis c'est un héros... Comprenez là dessous pas un super homme, sur-homme avec sa cape, ses pouvoirs magiques et tout le bastringue qui ferait de lui, le sauveur de l'humanité. Non, un homme super, tout simplement.
Il y a parfois des moments où l'on mesure la chance d'avoir encore ses parents, ou tout simplement des gens qui vous aiment et qui savent vous le montrer, pas par des cadeaux ou des biens matériels, mais par leur présence, leur disponibilité. Cette faculté qu'ils ont à vous être dévoués, à être disponibles, quelque soit l'heure ou la situation.
Qui savent par quelques mots bien choisis, vous donner ou redonner confiance.
Cette abnégation sans faille et sans limite.
Et pourtant cet homme là a un caractère de cochon, assez intraitable, il a des principes qui ne sont pas les miens et quand nos deux caractères diamétralement opposés s'affrontent, le monde peut trembler....
Ses concessions sont réservées à ses enfants et petits enfants, soupe-au lait, il est à prendre avec des pincettes. Avec lui, on ne marche pas sur des œufs, c'est bien pire. Le mot pas juste, l'expression à peu près et tout peut exploser. Mais point de rancune.. quand le lait a débordé, c'est passé. Il ne s'embarrasse pas de rumination, mais jure que ce n'est qu'avec ses enfants qu'il est comme ça.... Faites lui du mal et il vous réservera sans doute le chiot de sa chienne, à moins que ce ne soit qu'un profond mépris. Dans ce cas il saura adroitement vous balancer des exocets avec un parfait sourire, de ceux que vous prendrez bien profonds, sans même vous en apercevoir, mais la douleur sera vraie et bien placée. Gare à votre ego. Vous ne pourrez plus vous asseoir dessus!
Sa patience à des limites, mais en bon instituteur il a su jadis en user et en abuser. Abuser certainement car son capital est maintenant épuisé
Et c'est avec une certaine colère bien retenue qu'il commence ses phrases par "Ma petite chérie..." quand il s'adresse à ma fille qui au bout de 2 heures de math avec lui, continue à lui sortir les plus grosses âneries, montrant ainsi à son pépé chéri que les informations ont bien circulées, mais "Circulez, y'a rien à voir"....
Le cerveau n'a rien gardé, au mieux quelques bribes de phrases que ce fainéant a retenu parce que ça sonnait bien, ça rimait ou tout simplement parce que c'était la dernière phrase d'une explication chiadée , comme si d'en coup la connexion se refaisait après une longue période sans réseau.
Ca, le Super grand père, il n'aime pas, ça a le dont de le mettre en boule "Ma petite chérie, on reprend..." affiche t'il, la mâchoire serrée, l'oeil noir mais la voix presque douce.
A ce moment là, on peut trembler.
En gros, si je veux traduire, dans son langage ça voudrait dire "Bon, p****** tu te concentres ou merde, ou je te passe par la fenêtre, on va pas y passer la nuit"... Avec lui, il faut savoir lire entre les lignes. Toujours positif, ça va toujours, même au pire de sa forme.
Il pense tromper son monde, mais il oublie souvent que la chaire de sa chaire c'est un peu une partie de lui.
Alors, l'accord est tacite, on fait comme si tout allait bien. C'est la règle entre nous le plus important est de pouvoir profiter tant qu'on peu l'un de l'autre.
Ca n'empêche que parfois, de drôles de tristes pensées m'assaillent quand je me dis que personne n'est immortel. Mais c'est la vie. Ne perdons pas notre temps et notre énergie à nous appesantir sur l'inéluctable.

Alors je profite de ce super homme qui m'a appris quand j'était petite, et continue encore aujourd'hui, obstinément, à m'instruire à sa façon, à m'aimer.

Les bouffées d'amour, ça va, ça vient...
Ce matin, ça s'est même arrêté sur le bord de mon coeur...
Fallait que ça sorte...

Ce qui me pousse à vous dire "N'oubliez jamais de dire aux gens que vous les aimez" Ce n'est jamais trop....
Et profitez, profitez, donnez, partagez...

Bon week end.

6 commentaires:

Françoise a dit…

Bonjour Barbara, et merci pour ce joli récit concernant ton père. Tu as raison, profites bien de lui, de tes parents, des personnes qui te sont chères. Elles peuvent disparaître si vite. Et dis leur bien que tu les aimes, oui. Chez nous, avec mes enfants, il y a beaucoup de pudeur, mais ils savent qu'ils sont les êtres que je chéris le plus au monde, j'arrive à leur dire parfois, ils en sont gênés, mais je sais qu'ils sont heureux de l'entendre, même s'il n'en doutent pas.
Passe un bon week-end, ma belle, et merci d'avoir partagé cela avec nous.
Je t'embrasse fort.

Claudio a dit…

Je ne peux pas dire que je le connaisse, mais j'ai déjà croiser ce Monsieur.
Une poignée de main aura suffit pour que je l'associe, dans mon esprit, à ces rares êtres qui ont compris que le savoir et la connaissance sont amis puissants quand on veut apprendre à vivre et conquérir sa liberté. Sans travail, efforts, rigueur et exigence, ceux-ci ne servent à rien. Quand on aime, on transmet. Et quand on transmet, on est exigeant. C'est normal.
Puissions-nous savoir leur rendre cet amour, plus pudique que d'autres, par des efforts personnels à la hauteur du cadeau.

Françoise a dit…

Barbara ,
De belles paroles, de beaux sentiments nul n'est parfait alors acceptons les défauts de chacun et les parents c'est intouchables où presque .
Ce noël mon fils m'a offert le dernier album de Louis Chédid , "N'oublions pas de dire aux gens qu'on aime qu'on les aime " magnifique album fait avec son fils .
Bonne journée.

Claudio a dit…

Mea Culpa: 2 fautes dans mon commentaire.

Louis-Paul a dit…

"Fallait que ça sorte..."

Tu fais plus que bien. Tu comprendras que je fais une lecture particulière de ta Note et que je ne pourrais écrire un long commentaire.
Je partage et avec beaucoup émotion. Merci Barbara de ce billet,je t'embrasse.

barbara a dit…

Merci à vous tous pour vos commentaires.
La pudeur chez nosu est quelque chose que l'on ne connait pas surtout en amour.
C'est vrai que jeune, même avec coeur d'artichaut, je ne disais pas aux gens que je les aimais.
Ca fera 18 ans ce mois ci que j'ai appris à le dire. En amour bien sure, mais aussi en amitié, en famille.
C'est avec mes parents que ça a été le plus difficile. Parfois j'aimerais le dire à ma mère, mais ça a du mal à sortir, pourtant, je le dis régulièrement à mon père.... De la retenue envers mon frère que j'aime pourtant car il est mon frère unique, mais nous sommes TELLEMENT différents tous les deux!
Bien évidement, les plus gâtés, si peux dire, son mon mari et ma fille. Les je t'aime fusent facilement.

Claudio, pour les fautes, une bien évidente, que j'ai vu sans même que tu en parles.. La deuxième? Tu me connais!

Louis-Paul, je comprends et te remercie.

Pour finir, l'intéressé a lu le texte... Et l'émotion fut TRÈS GRANDE.

Merci à vous