Mémoire et souvenirs.. L'oubli salvateur


Sur ce blog, vous y retrouverai toujours en majorité des photos, des images, mais parfois certaines de mes réflexions. Et dans ce cas ce blog me sert un peu comme d'interlocuteur, d'aucun diront qu'il s'agit d'un carnet... En fait, il m'est difficile de parler de certaines choses avec les personnes qui m'entourent car, soit, j'ai peur de ne pas les intéresser, soit de les blesser.

La réflexion du jour et qui trotte depuis quelques jours déjà c'est cette prise de conscience de la faculté extraordinaire du cerveau à oublier.
Alors oui, ça peut paraitre bizarre de se réjouir d'oublier, mais parfois, je suis persuadée que l'oubli est salutaire.

J'ai vécu plus de 20 ans avec un homme que j'ai aimé. J'ai pour ainsi dire grandi avec lui.
Nous nous sommes connus, nous avions 22 ans. Jamais lui comme moi, n'avions eu de réelle relation.
Ca n'a pas été le coup de foudre, mais j'ai appris à l'aimer. Mon amour pour lui, a grandi au fil du temps, ils s'est construit, s'est solidifié. Nous faisions qu'un. De cet amour est née une petite fille. c'était il y a presque 21 ans. 
Nous étions fusionnels lui et moi. Sans doute couple avant tout. Puis parents en second temps.
Nous étions amis, amants, amoureux, parents, tout ça à la fois. J'avais lâché mon cocon familiale pour en créer un nouveau avec lui. De ma naissance, je n'ai jamais lâché la main rassurante de l'autre.. de ma mère, de mon père, puis de cet homme.. je suis restée cette petite fille que mes parents choyaient, et la jolie femme que cet homme devenu mon mari était fier d'avoir à son bras (sans doute). Mais cette femme en doute constant sur sa capacité à être elle sans être uniquement la fille de ou la femme de tournait en rond.. sans le savoir. C'est ce besoin de m'affirmer sans doute, et d'être rassurée qui m'a poussé à agir comme je l'ai fait. Mettant en péril tout ce que j'avais construit depuis tant d'années. Un espèce de besoin d'exister par moi même et de pouvoir affirmer que telle ou telle chose était uniquement le fait de ma propre action. Il fallait que je prenne moi même des décisions sans en référer à l'un ou à l'autre, il fallait que je me trompe et que je touche le fond pour me trouver car finalement, qui étais-je? 
Alors oui, j'ai mal agit et j'ai détruit, fait de la peine aux personnes qui m'aimaient le plus, comme cet homme, et puis ma fille sans doute bien que déjà presque adulte. Et puis mes parents.
Vous savez ce besoin impérieux de tout détruire pour tout reconstruire de ses propres mains pour se prouver d'abord à soi et puis aussi aux autres que l'on est capable.
Un peu difficile pour l'autre de comprendre tout ça quand il s'évertue à vous dire qu'il sait que vous êtes capable.. mais vous devez l'expérimenter par vous même... quelque soit le prix a payer.

Alors vous payez le prix. Vous avez beau partir pour quelqu'un, vous savez très bien au fond de vous qu'il n'est que le détonateur.... l'être passerelle qui vous a tendu la main pour vous emmener à vous retrouver, vous trouver tout simplement.

Le désert aurait pu être plus aride..... A croire que ce que j'ai fait a été validé "au dessus"... C'est ce que je me dis souvent. Je ne suis ni croyante, ni particulièrement spirituelle, mais je sais que quelqu'un partie trop tôt veille sur moi.

Les enchainements d'évènements ont été comme des épreuves à passer pour atteindre la prochaine étape. Un peu comme dans un jeu. Déménagements successifs quand la veille je ne savais pas où j'allais poser mes affaires, et toujours dans des endroits extraordinaires où la lumière était le dénominateur commun. Du travail quand mes maigres économies et mon nouveau statut d'auto-entrepreneur ne faisaient plus bon ménage ... jusqu'à ce job de fonctionnaire décroché en tant que photographe et infographiste dans le service com' d'une municipalité chère à mon coeur, mes origines.
Comme une boucle qui se boucle, un cercle vertueux qui s'amorce. 1 année de passion pour un homme qui m'a accompagnée comme il l'a pu, avec sa maladresse, son amour qu'il ne savait pas donner et sa pleine conscience de son rôle auprès de moi quand je croyais, moi, bêtement qu'il ne s'agissait en fait que d'une simple histoire qui pouvait peut être nous mener loin. Lui savait où il m'emmenait... je ne l'avais pas compris. 

En fait, en vous racontant tout ça, je m'éloigne de mon sujet du début.. Peut être parce que j'ai envie de vous mener à mon tour sur le chemin de la confidence et de vous montrer, à vous aussi combien j'ai été capable de faire tout ce que j'ai fait. La tête haute.

Et j'en viens à ma réflexion...
Lorsque je regarde derrière, j'ai une impression presque désagréable d'avoir oublié ces 21 ans.... Comme si ma vie avait commencé à l'aube de mes 44 ans, lorsque ma première vie s'est arrêtée.

Comment puis-je oublier toutes ces années où j'ai été maman et femme à plein temps .. et heureuse ?
Il y a aujourd'hui Facebook qui me rappelle au quotidien ce que fut ma vie il y a 3 ans, 6 ans, 10 ans..... et je regarde ces images, comme si je regardais l'album photo d'une personne proche mais en même temps tellement étrangère. 

je me suis toujours cru, a tord et à raison en même temps, très faible....  je sais aujourd'hui que ma force réside dans cette détermination que j'ai acquis un jour, comme un déclic à ne surtout pas regretter ce que j'ai fait. A ne pas regretter d'avoir fait voler en éclats cette magnifique vie sous cloche que j'ai eu pendant plus de 20 ans. 
Ai-je respiré tout ce temps? Il me semble..... Mais plus le temps passe et plus je perds de vue cette femme qui a été la femme de, la mère de, la fille de....

Mon cerveau a tellement bien travaillé, a tellement fait son travail de protection qu'avec le temps j'ai cette impression particulière que je suis née à 44 ans.... mais peut être est-ce le cas?

Peut être que c'est plus vivable comme ça...
A l'époque quand je suis partie, une toute petite voix dans un coin de ma tête me disait que je m'étais plantée, mais je suis têtue et le millefeuilles que je suis a fait taire cette petite voix qui avait sans doute raison.. mais. La phrase de Coelho m'est revenue tant de fois  Quand on ne peut revenir en arrière, on ne doit se préoccuper que de la meilleure façon d'aller de l'avant.
Je crois que j'en ai fait mon leitmotiv .
je savais que je ne pouvais faire machine arrière car les dommages faits étaient irréversibles. Un vase maintes fois recollé prendra l'eau et cassera à nouveau.... Le plus gros était fait.
Alors oui, mon cerveau s'est dit... a quoi bon lui faire repenser à tout ça, la maintenir dans la nostalgie, dans la douleur et le regret.... Cette ancienne vie est comme un souvenir un peu abstrait, par flashs.

Cette deuxième vie, je la prends de façon sereine, je ne tire pas des plans sur la comète. C'est au jour le jour et j'ai appris de la première.
Je crois que j'ai trop accepté (par facilité), des choses.. oh, rien de grave, ni de terrible, aucune violence, aucun manque de respect, aimée de surcroit. Mais des petites choses qui, avec le recul auraient du m'alerter. De petites choses qui grignotent insidieusement la vie d'un couple. Des barrières que l'on ne met pas, des faits que l'on accepte...

J'aimerais, si vous passez par là, échanger avec vous là dessus......



Commentaires

Françoise a dit…
Merci Barbara pour ce billet. Billet qui n'est pas évident à commenter. Enfin, pour moi en tous cas. Excuse moi de ne pas le faire.
En fait, à 44 ans, tu as eu une nouvelle naissance. Dis toi que tu as de la chance d'avoir pu la vivre, certaines personnes préfèrent s'en tenir à la première, même si elles ne sont pourtant que moyennement satisfaites de la vie qu'elle vive. Tu as eu le courage de risquer, d'oser, de ne pas rester dans l'immobilisme, je te dis bravo ! :-)
Gros bisous.
Françoise a dit…
Et au fait, j'adore ta photo ! ♥♥♥

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