La fierté d'une mère

Au jour le jour, ici, je couche ce qui me touche.
Lorsque l'on est une maman, notre plus grande fierté est sans doute de voir nos enfants réussir.
Notre histoire n'est pas un long fleuve tranquille et je vais tenter de faire bref.
Une gamine qui se révèle être plutôt éveillée a qui on fait sauter la dernière année de maternelle.
Une grave erreur car intellectuellement, tout va, par contre, émotionnellement....
Alors elle passe la primaire tranquille, puis le collège et là, l'adolescente se réveille et se révèle.. Ca va pas être facile ! La seconde arrive et là, c'est la chute. Aucune volonté, aucune motivation ni envie.. ou du moins si, mais de liberté, de fronderie, de rébellion... redoublement de la seconde. Catastrophique.. elle avait menacé.... elle ferait rien si elle redoublait. Elle a tenu ses engagements x10 ! Lycée médicalisé pour des problèmes de trouble alimentaire. Elle en sort.. que va t'elle faire? Elle veut tout lâcher. Je la porte à bout de bras, des batailles quotidiennes, des disputes.. la famille se déchire. Elle part dans un lycée de la deuxième chance. En internat.. Mais en 1ère STMG, elle la littéraire. 2ème trimestre.. une fois de plus absentéiste, rebelle, terrible ! On lui propose de passer en L.. bossera t'elle plus? Elle affirme que oui. Ok, son TPE ce sera toute seule, les autres ayant déjà rendu leur copie... La désocialisation pour elle, et un 20/20 qui lui servira bien au bac. 13 à l'écrit et 14 à l'oral en Français. La terminale toujours en internat est une fois de plus percée de ses absences, la CPE qui m'appelle 1 jour sur 2.... Je ne décroche même plus. Le proviseur qui lui prédit une vie pourrie, elle n'aura jamais son bac.. qu'elle ne révise pas d'ailleurs.... 15 jours avant les épreuves, elle daigne ouvrir les classeurs. Elle aura son bac avec presque 11 de moyenne ! Une fumiste.
Le couple a fin de se déchirer, il a implosé et elle a passé son bac dans cette ambiance. Autant dire qu'on se met à croire aux miracles !
Et puis elle s'inscrit à la Fac de psycho.. Peace and Love, cool.... Elle rencontre Camille juste avant la rentrée. Lui c'est elle, en plus calme, mais version punk. Il l'apaise.. Ils passent leure première année. Puis à la deuxième, ils prennent un studio. Libres, fous. Elle, continue sa dilettante.. un coup j'y vais, 2 coups j'y vais pas. Lui sous son look un peu particulier est plus assidu, c'est lui qui a repris le flambeau et qui la porte. Bonant malant ils ont leur deuxième année. Lui plus facilement. Comme toujours elle bosse à la dernière minute et c'est sur le fil qu'elle passe juste.. Elle a par dessus ça de gros soucis de sommeil.. ce n'est pas de la narcolepsie mais ça y ressemble... puis des angoisses.
Cette année, c'est la troisième..... quelle mouche l'a piquée.. on dirait bien qu'elle bosse. Mais vraiment. Je la sens investie, intéressée et puis heureuse, humaine, empathique... Envolée la petite gamine pourrie gâtée et capricieuse, mal dans sa peau... Quoi que parfois.. Mais on dirait bien qu'enfin, le déclic tant attendu est arrivé !


15 février, résultat des partiels... un sms : 12,3 de moyenne, je t'appelle plus tard.


Les larmes me sont montées aux yeux...
Au regard de tout ce que j'ai raconté, je mesure le chemin parcouru.




Je n'ai pas eu mon bac, mais j'ai fait 2 ans de beaux arts. Son père s'est arrêté en 3ème.


Mon père était instituteur. Aujourd'hui, lorsque je l'ai appelé pour lui donner la bonne nouvelle, il s'est mis lui aussi à pleurer. La sensibilité c'est de famille.




Et puis j'ai reçu son appel et j'ai entendu sa joie, palpable. Je l'ai sentie reboostée, encore plus, bien décidée à mettre les bouchées doubles pour faire encore mieux aux prochains. Je sais qu'elle en est super capable.


Celui ou celle qui lira ce post et qui n'a jamais eu d'enfant qui pose des problème, ne peuvent pas comprendre cette joie et cette fierté. J'en conviens, ce n'est pas 16, pas même 15 ni 14.. mais c'est tellement tellement plus que tout ce que ses profs et encadrants lui prédisaient.


Alors qu'elle était en 2de, un jour, sa prof de français nous avait convoqués. je l'ai su après notre rendez vous, elle était pshychologue, psychanaliste aussi.... Après avoir évoqué les difficultés de notre fille, mais ses facilités en Français, elle a fini par nous dire "Si elle travaillait, ne serait ce qu'un peu, elle pourrait être brillante".... C'est la seule prof qui a cru en elle et donc, elle fut sans doute la prof préféré d'A. Elle avait compris comment la prendre, la caresse plutôt que le baton. A lui mangeait dans la main. Cette prof a été emporté 2 ans plus tard par un cancer.


Et je sais que chaque fois qu'elle réussit une épreuve, elle pense a elle.



 
 

Commentaires

Françoise a dit…
Une très jolie histoire, Barbara, je comprends que tu sois fière d'elle.♥
Gros bisous.

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