mercredi 16 novembre 2011

INDE 7

Vendredi 13,
nous venons de quitter le Fort, il est 9h, direction Luni.
Il crachote encore, et puis il fait frais.
Arrête au village de Roopangargh car hier nous avons eu un souci de pneu. Notre taxi l'a changé, il faut donc récupérer un pneu de secours. Le garage, n'a rien d'un garage. C'est dingue comme en Inde, les choses sont différentes.




Et c'est en cela qu'il est bon de voyager, de découvrir d'autres choses.
Les paysages défilent et changent au fur et à mesure que nous avançons vers notre nouvel hôtel, le Fort Chanwa. Je guette le ciel… La pluie cesse enfin. Mais le plafond reste relativement bas et gris. Par contre, les températures remontent, on le sent nettement.
Il commence à faire faim. Petite halte dans un restau à Jodhpur pour manger. Dans une jardin "On the Rock". Bel endroit. Les Naan au fromage sont une tuerie!
Nous reprenons la route pour Luni et notre hôtel. Traversons le petit village pour arriver devant le mur d'un endroit superbe.
Comme toujours on se presse pour nous porter nos valises.
Ce fort nous semble plus fort que les autres, au sens premier, c'es à dire qu'en plein centre du village, il semble se protéger par ce grand mur d'enceinte qui l'entoure.
Dedans, c'est grand luxe, les bâtiments sont rouges, des jardins, une magnifique piscine.
La chambre 67 est à l'autre bout ce qui nous permet de bien tout visiter.
Elle est spacieuse, décorée avec goût, meubles sombres, lit à baldaquin.
La salle de baint est tout en pierre, un aspect très moderne avec la douche sans bac et son gros pommeau suspendu.





Nous posons nos affaires et partons à la découverte de ce village.
Nous sommes de suite l'attraction des enfants. Ils viennent vers nous, nous pressent "Gifts, roupies, pen, shampoo".. Nous n'avons rien de tout cela avec nous.
Nous avons pris l'habitude de laisser notre argent à l'hôtel par prudence.
Je prends en photo un couturier et lui promets de lui envoyer la photo.
Je ne tiendrai pas ma promesse, vilaine que je suis!
Une bande de garçons arrivent sur nous et prennent Jo par la main pour une démo de criquet, pendant que les filles se battent pour me tenir la main.
Elles se moquent de mes cheveux bouclés et me montrent l'une d'entre elles qui a un peu les mêmes boucles claires que moi. Ici, ce n'est pas commun.












Une femme sort de chez elle et nous invite à boire le thé. Je demande aux filles d'aller chercher mon mari. Elles ont du mal à prononcer son prénom "Joannic" mais finissent par le ramener.
Tout le village semble avoir été rassemblé dans cette "Maison". Des enfants, des adultes, des vieillards, tous on le sourire.
Un mur de torchi peint qui entoure une minuscule cours où brule un feu, une pièce dans le fond, mais tout se passe dehors ou sous cette espèce de tonnelle.
On nous assis sur des cousins plats, l'un à côté de l'autre. Les enfants s'assient en face. On nous observe. On me tend une petite tasse à café, ébréchée et teintée par les thés successifs. Mon dieux comme elle est crasseuse… Mais il faut rester poli et je ne peux la refuser. J'essaye d'oublier mon côté occidental. Ici, on est en Inde, on vit à leur manière, ou on reste chez nous dans nos hôtels aseptisés.
Le Chai est bon, fort et très sucré. La mère a un voile rouge qu'elle dégage pour être avec nous. J'apprendrai bien après notre retour, par une femme qui connait très bien les castes qu'il est très rare de pouvoir côtoyer cette caste là. Visiblement reconnaissable par son voile rouge typique.
Elle me fait les ongles, du vernis rouge flash.
Les garçons embarquent Jo dans une démo de danse, ils sont heureux.
Ils demandent toujours Gifts, alors, nous les quittons quelques instant en promettant de revenir dans un moment. Un saut à notre chambre et nous revenons avec des échantillons et quelques roupies pour la mère et la grand mère. Mais ils sont nombreux, et il n'y en a pas pour tout le monde. Les enfants se battent presque et me prennent à partie "Elle en a deux, et moi je n'en n'ai pas eu"…
Les plus petits sont les plus malins. C'est Rock n Roll! Les filles m'amènent jusqu'à cette pièce qui est la pièce principale, sans doute l'unique. Il y a un vieux téléviseur couvert par du plastique transparent pour recouvrir les livres scolaires. Un magnétoscope sans âge et une KT qui tourne avec un film de danses…. on m'entraine à danser, tout le monde rit, cri, la tension monte d'un cran… on le sent…Les enfants s'excitent. Il est temps de partir. Ils ne veulent pas et nous nous sentons pas à l'aise. Un garçon essaye de m'embrasser. Les filles me font des bisous…
Nous sommes presque obligés de nous sauver tant ils deviennent pressants. Au passage, le garçon qui voulait m'embrasser me pelote un sein.
Je suis furieuse! "You are un bad boy"… Ca le fait rire, les hommes qui assistent à cette scène aussi. Il est vraiment temps de retourner au fort.
Je suis déçue de cette réaction. Pourtant j'ai respecté les règles vestimentaires…. Bah, ce n'est pas grave, mais dommage…
On a envie que d'une chose, une bonne douche. On se sent crasseux.
J'enfile mon punjabi… Il est vraiment très pratique et léger à porter le soir. Nous sortons prendre notre apéro dans les jardins en assistant à des danses folkloriques. Des petites bougies partout, c'est féérique.
Le dîner est sous forme de buffet.
Dernier tour dans les jardins, sur les remparts, romantiques, et il est l'heure pour nous d'aller se coucher.

Suite Jour 8





1 commentaire:

Gine a dit…

Tu m'as bien fait rire, devant ta tasse de thé "crasseuse" ! J'ai connu ce genre de situations de nombreuses fois sous d'autres cieux ! Par contre, l'excitation après le jeu la danse, j'aurais senti venir ... Le geste grossier du petit "seigneur" est bien dans la ligne : femme touriste, aucune protection et complicité des aînés ... Dur de trouver le juste milieu entre les hôtels de luxe et les villages ! Mais le voyage est ainsi fait ... jusqu'à ce qu'on s'en lasse, et c'est dommage. Je ne connais pas l'Inde, mais l'Afrique, et ce billet remue bien des souvenirs ... différents bien sûrs, mais mêlés du même sentiment ambigu.